Stéphane Challandes, agriculteur dans le Val-de-Ruz, explore depuis plusieurs années les voies d’une agriculture plus résiliente. Pour lui, l’approche biologique, la gestion durable des sols et le lien direct avec les consommateurs constituent des leviers essentiels pour renforcer la robustesse des exploitations.
« Plus de risques, mais également de meilleures marges. » Voilà comment Stéphane Challandes résume l’agriculture biologique. Fils d’agriculteur, marié à Anne et père de 4 enfants, il cultive la passion de la terre sur son domaine, à Fontainemelon et à Fontaines.
La décision d’arrêter la production laitière a été un tournant dans l’exploitation familiale, dans laquelle est déjà impliqué un fils. « Les prix étaient devenus trop bas. Si nous voulions continuer à dégager des salaires, il fallait nous réinventer », se remémore Stéphane Challandes. Cette décision a ouvert la voie à une diversification ambitieuse.
Huile de colza maison
A Fontaines, les infrastructures témoignent de cette évolution : un centre de tri pour les céréales, des espaces de stockage pour le quinoa, les lentilles ou le colza et même une petite unité de transformation pour produire de l’huile de colza, de Caméline et de lin. Ensuite, il faut commercialiser cette production auprès des magasins de la région. C’est grâce au quinoa que j’ai acquis une certaine notoriété », explique-t-il. L’objectif est clairement de réduire les intermédiaires pour préserver les marges et renforcer l’autonomie de l’exploitation.
Qualité gustative de la viande
De l’autre côté de la ferme, le bétail reste présent avec la vente de bœuf bio de pâturage. « Grâce à une alimentation exclusive au pâturage et au fourrage sec, la qualité gustative et nutritionnelle de la viande est meilleure », souligne l’agriculteur. Ici aussi, la clé serait de retrouver le lien direct avec le client, mais cela n’est pas toujours possible.
Président de BioNeuchâtel et engagé de longue date dans la formation, Stéphane Challandes rappelle que l’agriculture biologique (environ 15% des agriculteurs neuchâtelois) joue un rôle clé dans la transition durable, comme en témoigne le vignoble neuchâtelois. L’approche bio permet notamment une réduction des pesticides, une meilleure préservation de l’eau, une amélioration de la qualité des sols et la restauration de la capacité de captation du carbone grâce à des pratiques adaptées.
Nourrir la population
Lorsqu’on évoque la durabilité, l’agriculteur aime rappeler l’essentiel : « L’agriculture suisse nourrit la population un jour sur deux. Le contexte géopolitique actuel nous démontre que l’autonomie alimentaire est cruciale, et la proximité une nécessité. » Il plaide ainsi pour des exploitations plus robustes capable de faire face aux extrêmes climatiques qui s’intensifient.